"A l’âge de la pierre taillée, rien ne laissait présager l’immense succès que remporterait la Bande Dessinée dans les années 80.
A cette époque lointaine, la Bande Gravée était peu répandue, pour être franc elle ne dépassait jamais le cadre de la cellule familiale de l’auteur. De plus, les exemplaires demeuraient uniques et pesaient plusieurs tonnes, ce qui n’était pas pratique pour lire dans le Meh-Tro et encore moins au lit. Bref, ces dessinateurs de talents resteront dans l’ombre et seront d’autant plus vite oubliés, qu’ils n’ont jamais été connus. Ce qui reste des bandes de Moh-Ehbius, Shuih-Then, Goth-Libh, pour ne citer que les plus connus, est pratiquement indéchiffrable suite à un incendie qui détruisit entièrement le musée de la B.D. à l’ère quaternaire.
Par la suite, des peintres s’intéressèrent à la Bande Dessinée, mais sans doute parfaitement dénués d’imagination, ils se limitèrent à des bandes à une case qu’ils nommèrent tableau, puis chef-d’oeuvre, car ils étaient très snobs. Si le scénario faisait défaut, le dessin était bon et c’était bien colorié (Rembrant - Michel Ange - Vinci, etc…), c’était déjà ça et de côté là, il n’y a rien à redire.
Puis vint l’année 1986. La Bande Dessinée remporte un succès formidable et un jour dans une petite île de l’Océan Indien, un groupe de jeunes dynamiques créé la revue qui sera le couronnement de cet Art du petit Mickey.
Après plusieurs heures d’âpres discussions et plusieurs propositions nous décidâmes d’appeler cette revue : "Le Cri du Margouillat". Il fallait le faire, voilà qui est fait. Avec ses dessinateurs talentueux, ses chroniqueurs aux idées originales, ses rédacteurs imaginatifs, son style nouveau et son dynamisme, "Le Cri du Margouillat" est parti pour atteindre les hautes sphères qui lui permettront un jour béni de connaître enfin l’aube merveilleuse de l’immortalité, si jusque-là, il ne lui manque pas une case !"
Edito, par Bruno Lajoinie, du numéro 1 de Le cri du Margouillat, Journal "vain et spirituel" (juillet 1986).


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