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Propos recueillis : Virginie de Galzain

ITW : RAHARIMANANA

L’esthétique de l’engagement

jeudi 26 novembre 2009, par Virginie de Galzain

Dans le cadre des 9e Rencontres internationales des écritures de l’exil, la pièce 47 de Raharimanana devait être jouée pour la première fois à Paris le 28 novembre (en raison d’un mouvement de grève au centre Pompidou, elle a été annulée. Voir dates 2010). Un texte intense et perturbant sur une période de l’Histoire entre la France et Madagascar : celle d’une insurrection anticoloniale violemment réprimée.

À l’occasion de l’événement, Maloya.org a tenu à rencontrer l’auteur malgache sur ces notions clés qui jalonnent son œuvre. Les questionnements permanents qui hantent l’artiste sur l’Histoire et sur le monde, entre engagement esthétique et témoignage historique, de l’intime à l’universel.

“Mémoire”, “identité(s)”, “diversité(s)”, “développement”… doivent demeurer au cœur d’une réflexion individuelle et collective, politique et citoyenne comme enjeux de liberté, d’égalité, de droits humains fragiles et malmenés, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud.

“Je pensais en avoir fini avec 47, mais je n’en finirai jamais. Puis il y a eu la mise en scène de Thierry Bedard, à Madagascar (adaptation de Madagascar 1947). Et la censure de la pièce par le ministère des Affaires étrangères, même si ce n’est pas ainsi que les choses ont été présentées. Les gouvernements actuels ne veulent pas parler de 47, car ce serait une forme de compromission.” (Raharimanana)


MÉMOIRE

Un rapport au temps, des reliques du présent.
Peut-on vivre sans mémoire ? Physiologiquement, oui. Nous vivons dans le présent, une répétition de la vie qui nous demande d’être en projection, de penser sans cesse au futur, un futur souvent immédiat, sans ce temps d’arrêt qu’est la mémoire. Mais vivre avec la mémoire ne garantit pas toujours une vie meilleure, hélas.
Son rôle ? Sur le plan intime, c’est accepter que nous avons passé un parcours qui est révolu, mort. Ce qui s’est passé est important car on l’a vécu, c’est une partie de nous-mêmes. La mémoire serait de garder des reliques de cette partie de soi.

En même temps, nous vivons avec l’inacceptable, des guerres, des crimes contre l’humanité, la pauvreté d’une grande partie de l’humanité, et pour s’y accommoder nous préférons l’oubli. Pourquoi ces guerres, pourquoi ces injustices et pauvretés contemporaines ? Elles ont des sources dans l’Histoire, la mémoire a gardé d’elles les ressentiments, les douleurs, les incompréhensions, les polémiques. Une mémoire sans les lumières de l’Histoire et sans la reconnaissance du présent n’amène que l’amertume.

L’oubli ne peut se vivre sans un projet qui réinvente une autre société, une autre réalité. Mais en l’absence de projet, on subit ceux des autres, lesquels n’incluent pas notre mémoire. On risque alors de répéter l’Histoire, avec des conflits que l’on ne comprend pas. Or, la compréhension des origines des dissensions, des haines, des conflits permet un dépassement favorable à la paix.
Je suis toujours étonné du présent, car l’être humain vit quelque soit son passé. En ce qui me concerne, je vis dans la logique implacable d’un parcours familial, historique, géographique fort. L’insurrection de 1947 qui a eu lieu à Madagascar contre la colonisation française est une cicatrice à vie, vécue par l’enfant qu’était mon père, et marquée de façon indélébile sur ma propre peau. Je n’ai pas toutes les réponses à ce qui s’est passé. Je sais juste que je suis dans une continuité, avec des prises de position politiques, idéologiques face à ce qui est de l’ordre de l’intime, ou à ce que l’on souhaite ne pas dévoiler, des plaies à nu...

HISTOIRE(S)

L’Histoire est dans un sens ce que l’on souhaite voir rester. La version que l’on souhaite transmettre. Mais comment avoir une Histoire objective ? Ce que l’on me présente de l’histoire de Madagascar semble servir une version de l’écriture, une version de ce qui a été chroniqué. Or, très peu de ces sources écrites proviennent des Malgaches eux-mêmes, comme si ce qu’ils avaient vécu n’avait pas eu lieu. Mais c’est à nous Malgaches de remédier à cela.

Et cette question pour l’Histoire en général : comment des figures cruelles, despotiques peuvent-elles devenir des figures phares d’une nation ? C’est comme un renversement du temps présent, les puissants considérés de leur vivant comme des tyrans deviennent d’un coup des figures historiques importantes, pratiquement des « grands hommes », comme si les puissants avaient raison sur le temps. Le présent n’a plus court et n’est plus une référence, la figure a pris le dessus sur la réalité. Le mythe n’est plus très loin de l’Histoire.

Dans mon livre Madagascar, 1947, j’aurais pu écrire la " grande " Histoire, prendre les figures des protagonistes des événements, les trois députés Ravoahangy, Raseta ou Rabemananjara par exemple. J’aurais pu insister sur les tirailleurs revenant de la Deuxième Guerre et prenant la tête de l’insurrection. Mais je me suis attaché aux " petits " événements qui ont fait la grande. En vérité, je ne veux pas servir de caution à l’Histoire, c’est en cela que je suis écrivain ou poète : j’ai profondément conscience que le présent meurt toujours, même dans l’Histoire.

IDENTITÉ(S)

Si on pouvait ne pas en avoir... Je n’ai pas envie d’en avoir une, une qui soit fixe…
L’identité est une manière de se positionner au(x) monde(s), aux autres. L’être humain ne comprend pas le monde qui l’entoure. Il se forge une identité pour faire face à cette incompréhension, pour être compris des autres, pour être fixé à un endroit, par rapport à la mort, à la vie, à Dieu. On prend alors une religion, une façon d’être, de s’habiller, une gestuelle qui va forger notre image, une manière de passer cette vie…

L’identité serait ainsi un choix arrêté d’une culture pour faire face à toutes ces interrogations. « Je » s’incarnerait de telle manière face au(x) monde(s). Je suis souvent émerveillé par les solutions apportées par l’être humain, quelle que soit sa culture. Pourquoi est-ce que je resterais Malgache par exemple ? Qu’y a-t-il de si fort dans mon enfance pour que je ne me pose pas réellement la question de changer d’identité ? Mais plus j’avance en âge, plus je doute. Comment savoir si l’identité est un vrai choix ? N’est-ce pas simplement l’empreinte indélébile de l’émerveillement de la découverte du monde ? J’ai découvert le monde avec les yeux d’un petit Malgache, et cette découverte, la première semble être la plus inoubliable. Je suppose que tous les enfants sont ainsi, c’est dans leur première culture qu’ils se forgent leurs identités, dans cette identité qui leur ont permis de se présenter au(x) monde(s).

Comment être au monde ? Nous naissons façonnés dans une identité. Or, être de toutes les identités, en un sens, est possible. Si je veux être français, je peux l’être. Mais cela implique que j’oublie un peu de mon identité originelle car toutes ne peuvent fonctionner ensemble, ne serait-ce que pour des questions de compréhension ou de langue. En langue française par exemple, le sujet est placé en premier dans la construction de la phrase. Dans la langue malgache, le sujet est après le verbe, et souvent même, il est éludé. Parce que le " Je " mis en avant est considéré comme une grande impolitesse, voire comme une véritable provocation ou un désir de violence. Vivre avec une langue qui met le sujet en avant peut ainsi être une grande jouissance, un épanouissement sans limite du Moi, un changement radical d’être au monde.

Mais l’Histoire a aussi faussé les identités qui ont été mises à mal par les conquêtes, la colonisation, la domination. Lesquelles ont induit une mort de l’identité individuelle et collective. Combien d’identités ont été niées depuis la colonisation ? Combien de violences ont été perpétrées au nom d’une identité plus civilisée ? Reconnaît-on réellement l’identité des pays africains ? Et un homme à peau blanche peut-il aujourd’hui espérer revêtir une identité africaine ? Sans les rappels de l’Histoire ? Changer d’identité est-il si simple dans ce monde ? Pour moi, Malgache, si je pense uniquement à l’Histoire, être français, c’est d’une manière ou d’une autre entériner le meurtre de l’identité de mes pères. Mais heureusement que l’identité n’est pas seulement une question liée à l’Histoire.

MONDIALISATION / MONDE(S)

La mondialisation pourrait être une forme de banalisation, l’option d’une certaine civilisation, d’un continent, au point d’en devenir la logique du XXe siècle, et des suivants.

Pour moi, elle ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte aux temps où l’Europe a décidé de découvrir les routes maritimes et quand elle a forcé les routes des épices et obligé pratiquement toutes les nations à tenir compte de son expansion. L’Europe, par les conquêtes, a voulu abolir les territoires, et paradoxalement a exacerbé la notion de frontières, lesquelles frontières n’étaient que les limites des conquêtes. Plus les territoires étaient en expansion, plus les frontières ont été tracées pour être figées ensuite par des lignes artificielles (en tout cas pour ce qui concerne l’Afrique). La mondialisation actuelle n’est qu’une conséquence de cette notion de territoires et de frontières : les territoires d’influence et d’exploitation absolument en expansion, et les frontières de plus en plus tracées, fermées.

L’économie, la politique, l’influence des pays dominants est dans cette mondialisation : la planète entière comme territoires, mais les frontières physiques absolument verrouillées. L’Amérique a bâti des murs contre le Mexique. L’Europe a aussi ses barbelés à Ceuta, des « accords de politique d’immigration » au Maroc, en Libye, la Méditerranée est devenue de véritables murailles, les aéroports internationaux sont de vrais bunkers, le système des visa va à l’encontre des libres circulations induites dans les articles des « droits de l’Homme ». L’argent circule réellement mais pas les êtres humains, notamment les plus pauvres. Si je suis français, je peux manifestement aller partout. Mais si je suis malgache ? Kurde ? Palestinien ? L’être humain est mobile. La question des frontières est une notion forgée et forcée.

Chacun d’entre nous a eu envie un jour d’aller " voir " ailleurs. Pourquoi ? Et à partir de quand le monde où l’on évolue suffit ou ne suffit plus ? L’inconnu est fondamentalement source d’émerveillement, de découverte parce que c’est différent, parce que c’est magique… Ce n’est pas seulement une question économique ou politique. Si les étrangers veulent venir en Europe, ce n’est pas seulement pour une question de mieux vivre, cela arrive aussi que ce soit par envie de découverte. Simplement. Comme les touristes qui vont comme ça dans les pays du Sud ! Par envie de découverte !

Aller vers une globalisation pourrait être intéressant d’un point de vue humain, si on accepte que l’étranger peut nous changer, que la découverte de l’autre nous change forcément, que se confronter à toute la planète ne peut qu’ébranler l’identité que l’on s’est forgé chez soi. Mais vu la façon dont cette mondialisation se fait, j’ai l’impression d’une vaste arnaque : la contrainte pour la planète de vivre dans une logique de l’histoire capitaliste qui fait en sorte que tout et tous fonctionnent avec la même économie qui ne profitent qu’à une minorité d’entreprise et de puissance économique, une économie telle que le monde devient un territoire de prédation autorisée, légiférée, l’être humain n’est plus qu’un outil comme un autre pour se faire de l’argent, de l’argent qui ira garnir des comptes en banque d’on ne sait quels richissimes entités, familles, clans… Les États eux-mêmes deviennent serviteurs de ce système ! Est-il normal qu’un président de la République française aille négocier un contrat de vente de Rafale par exemple ?

DIVERSITÉ(S)

Le terme me gêne car il induit aussi " minorités " dans le débat français actuel. Je reste vigilant sur la façon dont on risque de détourner un mot qui renvoie encore aussi à la question du territoire. Doit-on être comme l’Autre ? Comment on devient l’Autre ? Ou comment être natif quand on a quitté un autre pays ?

Un enfant qui naît dans un autre pays que celui de ses parents, qui a appris la même langue que les natifs, acquis la même culture, a été à l’école de la République, pourquoi le renvoie-t-on parmi les minorités ? Que signifie ce terme de minorité visible qu’on accole sur eux ? Pourquoi leur plaquer l’identité d’un pays qu’ils n’ont jamais connu ? N’est-ce pas déjà l’exclusion ?

Je pense que l’humanité n’a toujours pas résolu la question raciale. La moindre différence « visible » fait peur, ébranle l’idée d’identité. L’autre peau menace l’illusion identitaire. D’où l’invention de ces notions positives de diversités, d’intégration…

MÉTISSAGE

Est-ce que cela existe ? Je peux le concevoir culturellement, mais PAS biologiquement. On me parle de gènes, mais nous prenons tous un peu des gènes de notre père et de notre mère. À l’accouchement, c’est un bébé humain qui sort. Un métis pour moi, c’est celui qui va au-delà de ce qui a été figé, celui qui est capable de sortir des frontières culturelles, des barrières identitaires. Je me sens métis car je suis à l’aise dans la culture malgache et dans la culture française, voire européenne. Être métis, c’est pouvoir relativiser les identités, être l’Un ET l’Autre, voir le monde de plusieurs façons, comme un caméléon.

Pour moi, toutes les cultures produisent du métissage, et sont produits de métissages. Se figer dans une identité serait absurde, « meurtrier » dirait Amin Maalouf. Mais si l’oubli a relégué l’apport des autres dans le néant, les identités se figent, et il n’y a plus de métissage possible. C’est pourquoi l’identité est et doit rester en mouvement. Je suis par exemple frappé par la tension extrême entre l’Occident et les pays musulmans.

Voici deux civilisations qui se sont créées autour de la Méditerranée, qui se sont mutuellement influencées, dans la culture, dans la langue, dans la population. Au fond, c’est la même histoire qui les unit, la Bible et le Coran ont les mêmes sources, le même dieu, des empires occidentaux ont été en Orient, des empires orientaux ont été en Occident, et aujourd’hui on parle de guerre de civilisation ! Et au milieu ont été broyées la culture et l’identité juives, comme un meurtre infini du ventre qui a donné naissance. Et tout cela, au fond, d’une rive à l’autre, c’est l’oubli du métissage…

EXIL

Une question que l’on m’a posée quand je suis arrivé en France, et que l’on me pose toujours près de vingt ans après. Mon projet d’écriture fait que je ne suis pas en exil. C’est lorsque je n’écris plus que je me sens " sans endroit ". L’exil, c’est paradoxalement cet endroit qui m’accueille, un pays où je peux m’exprimer. C’est surtout une période où mon pays natal m’a poussé à partir car l’expression y était contrainte.

Un pays natal qui a changé à tel point que le rêve de le retrouver semble impossible. Est-ce que je me sentirai seulement " chez moi " ? Peut-être que le fait d’avoir construit un univers littéraire m’a exilé ? Mais beaucoup de lecteurs se retrouvent dans ce que j’écris, car dans l’espace de la littérature, chacun se construit un monde où il peut/veut vivre. Ce territoire littéraire est mental, et la question de l’exil se pose hors des contraintes que la société impose. De mon côté, cette question de l’exil a pris corps à la fin des années 1980 : ma pièce Le prophète et le président a été interdite à Madagascar. J’ai reçu des menaces physiques, mais avant cette censure, je n’avais plus ma place dans l’Île. Littérairement, j’étais trop à l’étroit, incapable de m’y exprimer pleinement, j’étais déjà en exil.

C’est pourquoi je suis parti, ailleurs, pour écrire. Rester à Madagascar, c’était devenir " le poète maudit " qui tôt ou tard allait vers le suicide (symbolique ou réel) ou alors abandonner l’écriture et vivre d’autre chose. Je ne pouvais pas renier cette identité-là, pas encore, jusqu’à maintenant, c’est peut-être ma seule identité, la poésie…

DÉVELOPPEMENT

N’est-ce pas encore un mot qui traîne depuis la théorie des races qui veut que l’homme de couleur soit un homme incomplet, inférieur, à la traîne de l’homme blanc ? C’est assez rageant d’entendre qu’on doit se développer surtout lorsqu’on fréquente de près l’Occident. Développement est le mot qui a remplacé le mot civilisation. Civiliser, prétexte de la colonisation et justification des crimes coloniaux, on arrive même à en accepter l’idée d’aspect positif ! C’est dire que cette idée d’infériorité de l’homme de couleur est solidement ancrée, on accepte qu’on le tue pour lui faire du bien !

Le développement obéit à la même logique. On force des pays à prendre le même système que l’Occident, quitte à y installer des dictateurs qui appliquent « ces plans de développement », on accepte qu’il y ait déni d’humanité, que des millions de personnes se retrouvent dans la misère, sous des plans d’ajustement structurel qui mettent la moitié de la population au chômage. Au moment où l’Occident se pose des questions sur ses choix de développement (impact sur l’écologie, la société, le travail...), on ne trouve toujours pas normal que les autres continents interrogent cette notion de développement. Aller au développement, si l’on s’en tient simplement aux notions couramment attachées, suppose tenir l’exemple occidental comme " vérité absolue ".

Ce que je veux dire, c’est que dans le mot « développement » qu’on nous vend, il y a une réalité économique et politique insupportable, l’obéissance à un système qui ne profite qu’à ceux qui l’exploitent. En même temps, le siècle est ainsi : l’humanité est dans une nasse où il n’arrive pas à se dépêtrer. La machine a pris une place considérable, la communication est primordiale, le rôle des places boursières est central, l’industrie, le commerce… Et strictement de ce point de vue, il n’y a pas beaucoup de choix pour le Sud qui doit faire avec cette idée de développement.

Mais à la base, la grande majorité de la population du Sud n’est pas prête pour adopter cette manière de vivre, d’où une coupure nette entre les villes et les campagnes, d’où une incompréhension totale entre des dirigeants « développés » et une population « sous-développée ». Il n’y a pas d’entente sur un projet de société. Alors place à la corruption, place aux révoltes, place au règne des « rebelles », à la guerre, à la famine…

CIVILISATION

Un mot extraordinaire. Civis, citoyen… Mais pour moi qui vient du Sud, un mot qui me relègue dans ma « barbarie », un mot qui résume des siècles de malheur, on a tué, pas que tué, on a exterminé des nations au nom de la civilisation. La contradiction par excellence de l’Occident : de belles idées imposées sur la mort des autres. Des armes et des idées. Alors, je peux intellectuellement m’émerveiller de toutes les « civilisations », essayer de comprendre comment une population s’est construite. Mais le terme, en français, ne peut plus me convenir, trop chargé de cadavres et d’intolérance…

EGALITÉ

... No comment. Ca me fait juste rire. Ca nous fait passer au mot suivant.

UTOPIE

J’écris avec cette espérance que les injustices disparaissent un jour. Si je m’enfonce de plus en plus vers une écriture qui se confronte aux violences de l’Homme contre l’Homme, si je n’arrive pas à m’en sortir, c’est à cause de cette espérance. Une utopie qui me fait croire que l’Homme sera assez intelligent pour se passer de règles et de lois, que par sa propre bonté, il saura ce qui est bien pour lui et pour l’autre, sans passer par un maître qui fera appliquer la loi. En somme, ni dieu ni maître.

AVENIR

On sera là de toutes façons, et personne ne le maîtrise, pas même les puissants. Individuellement, je fais de mon présent mon avenir. Tout se bâtit et tout s’écroule. Et le cycle recommence. C’est comme la vie, naître, grandir, vivre, mourir. Ce qui est à venir, c’est la mort. Je vis avec. Et la renaissance, mais je ne serai plus là, vous ne serez plus là.


ACTUALITÉ

47, de Raharimanana.
Mise en scène Thierry Bedard

- 18 et 19 mars 2010
Centre Culturel de La Courneuve / La Courneuve
en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe / Saint-Denis (93)

- 20 mars 2010
Théâtre Aragon / Tremblay
en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe / Saint-Denis (93)

- 24 au 29 mars 2010
Théâtre Gérard Philipe / Saint-Denis (93)

- 31 mars au 04 avril 2010
L’Echangeur / Bagnolet
en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe / Saint-Denis (93)

À LIRE

Madagascar 47, de Jean-Luc Raharimanana. Éd. Vents d’ailleurs. 7 €.

- Pour en savoir plus sur Raharimanana : sa bio- et bibliographie.

Voir en ligne : Le blog de Virginie de Galzain

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