A l’approche de mes 18 ans, la voiture que conduisait mon père en direction de Gillot où m’attendait mon vol pour Paris et ma nouvelle vie, après avoir tapé de la roue contre un ilot directionnel, s’est retrouvée, pendant une éternité de quelques secondes, sur la voie de gauche, alors que les énormes phares éblouissants d’un camion nous arrivaient dessus… Passage, séparation, oubli…
C’était il y a 25 ans.
Il y a peu, au Parc de la Villette, sur scène, une présence blanche lumineuse, un corps-secousses, une apparition électrisante…
Bat la min dansé
Bann monmon
Bat la min dansé
Le rythme entre en moi,
Par les yeux,
Par les oreilles.
Mes pieds se mettent à glisser sur le sol
Retrouvant une cadence naguère lointaine
Et maintenant prégnante
Le sol est ma terre.
Une voix puissante et chaude me ramène à moi-même
Une voix à la fois créole et malgache
La Rényon
La Rényon
La Rényon ma veloma
Du tréfonds obscur de mon être enfle la voix de ma mère, houle inépuisable !


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