Le MALOYA inscrit au patrimoine immatériel mondial de l’humanité (Unesco).
C’est une victoire ! Ce n’est pas une reconnaissance pour une musique, c’est bien plus que ça ! C’est une reconnaissance de l’humanité Créole, de l’identité réunionnaise tellement inhérente au Maloya. Après le sacre du Maloya cabosé de Davy Sicard (élu « Artiste de l’année » pour les « Trophées des Arts Afro-Caribéens) il y a huit jours, c’est le Maloya au sens noble du terme, qui a été consacré. En effet, en ce Mardi 30 septembre à Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis) la commission de l’UNESCO a inscrit le Maloya au Patrimoine immatériel mondial, au même titre que le Tango Argentin.
« Jadis dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions, le Maloya prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées, au niveau des textes comme des instruments (introduction de djembés, synthétiseurs, batterie). Il se métisse avec le rock, le reggae ou le jazz, et inspire la poésie et le slam. Il a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population de l’île de La Réunion », c’est en ces termes que l’UNESCO présente le Maloya.
Si longtemps dénigré et bafoué, si longtemps diabolisé et associé aux sorciers, le Maloya reprend ses droits. Il tient peut-être là sa revanche. Une belle revanche sur l’histoire, sur l’oppression identitaire mise en place dans les années 60-70. Cette musique héritée des esclaves, musique prohibée jusqu’en 1982, pratique musicale pour laquelle certains joueurs de Maloya furent emprisonnés, est aujourd’hui entrée au Panthéon des « Musiques de l’humanité ».
Le Maloya ne se contente pas d’être une musique, il est également un rythme envoûtant qui accompagne les rites religieux du « Sérvis Kabaré », la cérémonie Afro-malgache dédiée aux ancêtres défunts. Le Maloya est également l’outil politique utilisé par le Parti communiste céunionnais, à l’occasion des luttes pour l’indépendance de La Réunion dans les années 70, parce que le PCR avait bien compris que le Maloya était la marque de l’identité réunionnaise par excellence, au même titre que la langue Créole. Le Maloya est également un chant d’espoir, un chant de rage, un chant d’existence, pour l’affirmation de soi, pour la revendication identitaire, revendication défendue notamment par Danyèl Waro, contre les systèmes assimilationnistes de « l’établissement colonial Français », d’hier et d’aujourd’hui. Le Maloya recèle des suppléments d’âmes destinés à élever la conscience spirituelle des Réunionnais. Né du croisement entre L’Afrique, Madagascar, l’Inde et même l’Europe (pour certains apports comme le maloya valsé) le Maloya est vraiment le symbole d’une Réunionnaiseté fière et triomphante ! Ce rythme ternaire/binaire très complexe est riche de ses cadences syncopées, effrénées, de ses mélodies tamoules, de ces chants plaintifs (« pléré »), de ses transes, de ses valsés à l’européenne. Cette complainte porte les valeurs de tout un peuple qu’on a tenté de bâillonner, il n’y a pas si longtemps !
L’équipe de Maloya.org dédie cette victoire aux gardiens du Maloya, nombreux sont ceux qui nous ont quittés ces dernières années. Une pensée pour Gramoun Lélé, Gramoun Baba, Lo Rwa Kaf, Gramoun Bébé, Alain Pétérs, Damien Aupiais, Maxime Laope. Nous ne doutons pas qu’ils auraient été fiers d’apprendre cette nouvelle, eux qui ont permis au Maloya de traverser les générations ! Souhaitons seulement qu’une meilleure place sera réservée au Maloya dans les médias et tout simplement dans notre culture personnelle.


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Vos commentaires
# Le 15 octobre 2009 à 16:11, par Elizéon
En réponse à : GAYAR !!!
na tro pou dir ankor su le maloya !!
Nu éspér rénioné va prann’ konsians de la valeur du Maloya !!
Parske mi kroi ke sé byin la le problèm !!
Nartrouvé !
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