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Pourquoi oui à la MCUR ?

samedi 18 juillet 2009, par A.L.

L’équipe scientifique et culturelle de la MCUR souhaite diffuser cette lettre sur votre site, pouvez vous s’il vous plaît mettre en ligne ce texte ? Il s’agit d’un manifeste rédigé par l’ensemble de l’équipe pour expliquer à tous les Réunionnais pourquoi nous soutenons le projet.

Merci d’avance pour votre action,
Cordialement,
AL.

Nous, jeunes Réunionnais travaillant à la MCUR, souhaitons réagir aux multiples attaques sur le projet. Nous parlons donc en notre nom, jeunes réunionnais, passionnés par l’histoire, par l’art, par la culture, par les rencontres, par les voyages, par le monde et par notre île, La Réunion, par ses enjeux et ses perspectives d’avenir.

Pourquoi n’avons-nous pas eu accès à notre propre histoire ? Tous les jours, au sein de la MCUR, nous levons un peu plus le voile sur l’histoire de TOUS nos ancêtres, l’histoire de notre île. Cette histoire cachée, enfouie, que nous révélons à notre tour à nos parents. N’est-ce pas choquant que nous devions, nous enfants, apprendre une partie de leur histoire à nos parents ? Parce que l’école ne nous a pas appris notre propre histoire, ne l’a pas apprise à nos parents, ne l’a pas apprise à nos grands-parents… Alors, nous, jeunes nés dans les années 1970 et 1980, nous avons cherché, fouillé dans les livres et les archives, bravant les difficultés pour essayer de reconstituer cette histoire parcellaire. Pour que, demain, nos enfants n’aient plus les mêmes difficultés pour connaître qui ils sont et d’où ils viennent. Parce que c’est la seule manière de savoir où ils vont. Parce qu’un pied’boi san rasine i mor. Parce que notre patrimoine, nout lidentité, ne peuvent se limiter qu’aux cases créoles, aussi jolies soient-elles.

Aujourd’hui, les structures muséales et culturelles existantes répondent à d’autres besoins. En effet, les musées existants sur l’île ont chacun leur domaine de compétences et abordent l’histoire de La Réunion sous différents angles : celui de l’histoire d’une riche famille créole aux 18ème et 19ème siècles, les Panon-Desbassayns, au musée de Villèle ; celui de l’industrie sucrière au Museum agricole et industriel Stella Matutina ; celui des arts plastiques au musée Léon Dierx ; celui de la volcanologie et de la géologie avec la Maison du Volcan ; la biologie marine avec Kélonia, etc.

Mais aujourd’hui, dans quel musée pouvons nous apprendre d’où viennent tous ceux qu’on appelle créoles à La Réunion, Zarab, Kaf, Malbar, Chinois, ou Yab ? Les villes, les villages, qu’ils ont quittés pour venir ici, les coutumes, les rites, les patrimoines qu’ils ont apportés avec eux ? La MCUR propose, parmi beaucoup d’autres choses, de répondre à ces manques, à ces silences de l’histoire, en complémentarité avec les structures déjà existantes. La complexité et la richesse de notre histoire et des parcours de nos ancêtres méritent d’être présentées, analysées, apprises pour que, dès aujourd’hui, nous construisions une société réunionnaise consciente de ses racines et fière de ses multiples identités.

En outre, la MCUR que nous souhaitons construire n’a pas vocation à ressasser le passé mais, à partir d’une meilleure connaissance de l’histoire et de nos mémoires, à construire ensemble notre présent, à faire des choix ensemble pour notre avenir. Car, comme le disait si bien Aimé Césaire, « comment mesurer le chemin parcouru [et à parcourir] si on ne sait ni d’où l’on vient ni où l’on veut aller ».

Pour conclure et pour exemple, l’un de ces choix est symbolisé par la maîtrise de l’implantation du bâtiment même sur le site de Plateau Caillou : il s’agira d’un chantier vert (matériaux aux normes environnementales, maîtrise des nuisances sonores, etc.), ne portant pas atteinte à l’écosystème local, et respectant la ligne paysagère du site (le bâtiment épouse les courbes de niveau du sol, etc.).

L’équipe scientifique et culturelle de la MCUR.

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Vos commentaires

  • Le 4 août 2009 à 20:49, par momo Gravatar En réponse à : Pourquoi oui à la MCUR ?

    Les gens ont le droit d’avoir leurs propres opinions. Être pour ou contre la MCUR ? on a le droit de choisir...Mais je note que la plupart des personnes qui sont contre le projet, ne le connaissent pas vraiment. Ces personnes ne parlent que d’argent, d’autres diront être choquées que l’on vienne mettre sur le tapis le mot esclavage. Mais ces personnes là, connaissent t-elles vraiment le fond du projet ? Que va t-on retrouver dans cette maison ? Ce ne sera pas qu’un musée. La MCUR sera un centre culturel. Il sera un lieu pour nous Réunionnais, un lieu pour nos parents, nos enfants, et nos générations futures.

  • Le 19 août 2009 à 16:37, par Kréolèr Gravatar En réponse à : Pourquoi oui à la MCUR ?

    Bien.
    Le projet est en effet très beau vu de l’extérieur, mais on n’avait pas besoin d’une maison des civilisations pour être un peuple déjà !!...
    Nous , militants réunionnais pour la survie des kabars, la promotion la prise en compte et le rayonnement de notre langue (créole), la survie de notre véritable culture (bannie, rejetée, reniée, pas acceptée car trop "sale", trop "basse", trop "dégradante" pour l’opinion coloniale bien pensante, laquelle a contaminé l’ensemble de notre peuple !...), nous disons que ce projet est beau, ambitieux mais que sans lui, La Réunion aurait quand même continué (à travers des jeunes comme vous et nous) de chercher de connaître, de fouiller, de propager, de faire connaître, de mettre à la portée de tous nos concitoyens d’abord puis des autres citoyens du monde, notre fabuleuse culture, notre patrimoine local, réunionnais, dans ses aspects les plus cachés, les plus écrasés par le rouleau compresseur colonial ou néo-colonial (à notre époque).

    N’ayons pas peur de nous-mêmes, ayons la force et la fierté de développer notre art local, notre savoir-faire, notre savoir-vivre, nos qualités, de fabriquer des instruments de maloya, des objets traditionnels, continuons de chanter le maloya, d’être acteurs directs de notre culture avant d’en être les raconteurs, les gloseurs...

    Lèv la tèt, rouv lo zyé, nou la pa bézwin gaspiy larzan pou di ké nou lé in pèp, si nou la pokor KONPRAN, PRAN KONSYANS ke nou lé in pèp !

    Rényoné.

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