A Tuléar où il naît le 16 juin 1959, Régis entend très tôt le son de l’accordéon, un petit modèle diatonique que possède son père. Ce sont surtout ses frères qui l’utilisent et quand il commence à prendre l’instrument familial vers l’âge de six ans, ce n’est pour lui qu’un jouet avec lequel il essaie de reproduire ce qu’il entend. Il le fait assez bien pour qu’une formation de quartier qui anime les soirées vienne le chercher lorsqu’il a douze ans pour qu’il joue un peu de musette, du sega et d’autres rythmes dansants. Pendant que les autres musiciens draguent, il explore les possibilités du modèle chromatique à touches clavier que vient d’acheter son père. Au cours de ses vacances dans le village de sa mère, le jeune garçon fait la découverte des styles traditionnels liés aux rituels et aux fêtes. Son doigté est le résultat de ses observations. Dans la musique traditionnelle malgache, l’accordéon délivre ceux qui sont en transe et Régis en fait l’expérience dès 1971 : alors qu’il est en train de répéter avec ses copains, une voisine possédée par les esprits retrouve son calme en entendant le son de son instrument.

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