Accueil > Agenda > Événements > Rumeurs Urbaines, Festival des arts de la parole

Rumeurs Urbaines, Festival des arts de la parole

11ème édition, du 2 au 16 octobre 2010 (en Île-de-France)

mercredi 2 juin 2010, par L’équipe de Maloya.org

Pour sa 11ème édition, Rumeurs Urbaines, le festival des arts de la parole qui a lieu en Île-de-France, ouvrira ses portes et fenêtres aux artistes des îles de l’Océan Indien, avec comme terre de départ et d’échange : La Réunion. De nombreux artistes (musiciens, conteurs, performers, etc.) s’y rendront entre le 2 et le 16 octobre pour "mèt anlèr" les mots de l’île. Des rencontres et des échanges vivants qui s’annoncent riches en perspectives !
A cette occasion (et pour vous donner le temps de préparer vos bagages), nous mettons un coup de "projet d’coeur" sur ces scènes qui se montent, là-bas, de l’autre côté de la mer, ou ici, sur le continent... C’est selon l’hémisphère que l’on habite !

- Un festival où la voix porte
Depuis 2000, le festival Rumeurs Urbaines, organisé par la Compagnie Théâtrale Le Temps de Vivre, explore les arts de la parole dans les Hauts-de-Seine (92). Il a puisé dans le conte traditionnel pour ensuite aller progressivement vers la modernité, en accueillant des artistes qui se manifestent sur un terrain plus immédiat, porteurs à leur tour d’interrogations contemporaines, et exprimant une actualité en phase avec le quotidien des villes. A l’oeuvre depuis plus de 10 ans, une véritable mythologie urbaine constitue le coeur de ce projet : de la réappropriation des contes anciens aux paroles d’aujourd’hui, le festival réinvesti la matière orale pour fabriquer sa propre histoire.

Historiquement ancré dans les réseaux de la lecture publique (médiathèques et bibliothèques de quartiers) et des lieux socioculturels (maisons de quartiers, centres socioculturels) du département, Rumeurs Urbaines a également développé de nouveaux partenariats pour étendre ses actions vers les lieux de diffusion reconnus par les réseaux professionnels (théâtres, conservatoires, SMAC). Cette double présence sur le territoire permet de créer une complémentarité dans la recherche des publics : en allant au plus près de ceux qui ont peu de pratiques culturelles tout en s’adressant à des « habitués » avec des formes moins connues. A la fin du festival, tous les spectateurs sont invités à se rejoindre pour la soirée de clotûre, temps fort où la véritable mixité du public représente un gage du travail accompli sur le territoire.

- Un événement géographique, sociologique et humain
Chaque année, autour d’une thématique géographique ou ethnologique, le festival invite des artistes qui nous plongent dans la singularité de leur parole, comme un miroir tendu à nos propres réflexions de citadins. Après Bobo Dioulasso, Le Caire, et Montréal, Port-au-Prince, La Havane, Caracas, les Peuples nomades, la 11è édition accueille des artistes de l’île de La Réunion. Rumeurs Urbaines n’est pas un projet d’évasion vers une culture étrangère, mais bien une façon de se connaître soi-même à travers l’autre : « C’est avec l’encre des autres que l’on écrit sa propre histoire ». Les préoccupations artistiques ne sont plus coupées des habitants, mais introduites dans un esprit d’échange et de partage. Dès lors, la parole artistique appelle celle des publics transformés en spectacteurs. Rumeurs Urbaines s’est inspiré de cette réflexion fondamentale : « Faire de la mise en scène des arts, du théâtre, du conte, du chant ou de la musique, une mise-ensemble urbaine ». Nous oeuvrons toute l’année à ce que les habitants accueillent les artistes du festival avec l’idée que l’hospitalité reste le meilleur vecteur d’écoute possible.

La Réunion, vue depuis la métropole, est un véritable creuset du divers formé par les migrations de populations originaires d’Asie, d’Afrique et d’Europe. L’île est à l’image du territoire où nous vivons : métissée. Cependant dans nos quartiers, chez nos voisins, le métissage est loin d’être aussi « naturel ». Pour preuve notre rapport aux langues. A La Réunion, l’oralité a très vite représenté une force de résistance (à la langue officielle, dominante) et de rencontre. Grâce à la diversité des cultures (langues et pratiques) et à partir d’éléments absolument étrangers les uns par rapport aux autres, une langue nouvelle est née, le créole, et avec elle, une culture toujours en mouvement. Ce processus de créolisation favorise une manière inédite d’habiter le monde en faisant de la différence non plus un gouffre de rejet, mais bien une terre fertile où les identités se créent comme support de mémoire et d’imaginaire. La réflexion d’Edouard Glissant nous a ainsi orienté vers cette volonté de mettre à jour comment d’autres populations se saisissent de leurs différences.

- A la rencontre des publics : pour une école du spectateur
Rumeurs Urbaines s’inscrit dans la recherche de nouveaux territoires pour la culture. Le festival dissout, à l’intérieur des villes, les frontières qui cloisonnent culturellement les habitants. C’est pourquoi le festival s’appuie sur des structures ayant une forte politique de recherche de publics. L’autre élément essentiel de cette ouverture, c’est la volonté de sortir des lieux pour venir au coeur des quartiers, au pied des immeubles, au plus près des habitants. Ainsi, la Compagnie Le Temps de Vivre mène toute l’année des projets de sensibilisation au conte. Débats, rencontres, et représentations permettent de développer la qualité de l’accueil et de la réception des artistes accueillis. Ce projet est complété par des ateliers de pratiques artistiques et des stages « art du conte » : autant de formes pour développer les pratiques amateurs autour de l’oralité à destination des plus jeunes comme des adultes. Les artistes invités sont ensuite amenés à donner des conversations, des répétitions publiques et des ateliers pour que Rumeurs Urbaines soit vécu par le public dans un état de bouillonnement artistique continu. L’objectif à plus long terme est d’impliquer les populations dans la mise en oeuvre du festival pour qu’il devienne une oeuvre collective. C’est là que tient l’évolution du projet dans notre capacité à « fabriquer » avec le public.

- Réunion de famille
Plus qu’un festival qui diffuse des spectacles, Rumeurs Urbaines développe des compagnonnages avec des artistes engagés dans la même envie : créer des rencontres, aller vers l’autre, à la fois voisin et étranger. Soutenir la création autour des arts de la parole est l’autre ambition du festival, avec l’appui des tutelles politiques et des collectivités territoriales.
A la Réunion, de père en fils, on côtoie le maloya, chaque nouvelle génération apportant son grain de sel... A la tête de ces enfants terribles, Sergio Grondin présentera deux spectacles inédits dont un accompagné de Maya Pounia et Alex Soress autour d’Alain Peters.
Sami Pageaux-Waro, autre artiste associé dans cette démarche d’échange viendra avec son groupe Lo Griyo rencontrer des groupes locaux. Impertinents et insatiables, ils traceront le chemin du festival jusqu’à la grande Nuit du Conte. Pour clore en beauté le festival, Lindigo, groupe de jeunes musiciens débordant d’énergie accompagnera cette soirée hors du commun (samedi 16 octobre à 19h30 - l’Avant-Seine/Théâtre de Colombes).
Sans oublier les autres artistes invités : la Compagnie Baba Sifon, Les Contes Calumet, Talike Gelle, Anny Grondin, Yannick Nanette, Shanel Huet, Beurty Dubar, Abbass Mulla, Véronique Insa et Maryannick Poncelet.

- Des raisons d’espérer
En quelques années Rumeurs Urbaines a trouvé sa place dans le paysage culturel de la Boucle Nord de la Seine. Il a su répondre à une attente, tant du public que des acteurs culturels. Le festival irrigue les villes du territoire (de Nanterre à Villeneuve-la-Garenne), il entraîne la circulation des artistes et du public, contribuant ainsi au brassage des publics et favorisant la découverte des lieux culturels des villes voisines. Cet enracinement est la conséquence de plusieurs facteurs :
Premièrement, un très bon partenariat avec les acteurs culturels des villes du festival, qui ont su, au fur et à mesure des années, adhérer à la nature même de notre aventure et par la suite créer des liens avec leur propre programmation, contribuant ainsi à enrichir celle du festival.
Deuxièmement, l’engagement des organismes de tutelle qui nous renouvellent chaque année leur confiance et qui, par un dialogue franc et constructif, nous permettent à la fois de consolider nos objectifs et de mettre en place de nouveaux projets.
Troisièmement, la fidélisation du public et sa composition hétéroclite. Pour preuve, chaque année, plus de 4000 spectateurs, issus de tous types de quartiers, adultes et enfants, habitués ou non à fréquenter des lieux de spectacle, partagent le festival aux côtés de bénévoles de plus en plus nombreux.

Notre enthousiasme, sans fléchir, puise sa force dans notre engagement même. Nous étions des passeurs, nous voilà artisans. Cette aventure, nous l’avons commencée comme un jeu, elle est devenue une réalité, qui nous oblige certes, mais qui nous enrichit à coup sûr.

Rachid Akbal
Directeur artistique du festival


- Pour voir des images des précédentes éditions, c’est ici que ça se passe !

- Le programme du festival est en court d’élaboration... Il va donc falloir attendre un peu pour le lire. Pour vous tenir informé, vous pouvez vous abonner à la lettre mensuelle de la Compagnie Le Temps de Vivre (ici).

Voir en ligne : Le site du festival et de Compagnie Le Temps de Vivre

Enregistrer au format PDF Version imprimable de cet article Version imprimable envoyer l'article par mail envoyer par mail

Réagir à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Maloya.org - Copyright © 2006-2012. Tous droits réservés.

Visiteurs connectés : 4