Il serait tentant de se demander ce qui, pour Gilbert Aubry, est premier : l’action pastorale ou la poésie. De fait, la poésie ensemence l’action : il n’est qu’à lire « La Réunion : une île en Créolie » pour s’apercevoir que la réflexion se nourrit des statistiques de l’INSEE aussi bien que du poème. L’action ne se conçoit pas sans la poésie et l’on ne sera pas étonné de voir l’évêque de la Réunion réciter, devant 10 à 12 000 jeunes, des vers en créole, extraits de « Zinzin mon kouzin ».
Manière trop rare, hélas, de traiter la poésie comme elle le mérite.
Poétique mascarine approfondit la connaissance de l’homme public, du sens de son action ; le livre couronne les écrits qu’il a rassemblés dans Pour Dieu et pour l’Homme… réunionnais ainsi finit d’apparaître la « ligne intérieure » par laquelle la personnalité de Gilbert Aubry se construit. Ce livre atteste la cohérence d’une vie, dans tous les moyens qu’elle a trouvés pour agir sur le monde.


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